Les enfants de la nuit

Aurélie était contente !  C’était son anniversaire, elle avait onze ans aujourd’hui.
Elle voulait partager cette journée avec une personne spéciale. Une dame que les enfants redoutent mais qu’Aurélie avait, avec le temps, appris à connaitre : la reine des cauchemars.
Aurélie et ses deux sœurs, Eloïse et Rebecca, avaient rencontrées la reine lors de leur première aventure au royaume des contes de fées. Rebecca, encore jeune, avait été enlevée par Sombre. Mais la petite, s’étant amusée, avait pensé à de simples vacances.
Aurélie et ses sœurs avaient, depuis, fait plusieurs voyages dans le monde des fées, afin de s’amuser dans le château de la reine. Et aussi pour éviter que cette dernière n’enlève de nouveaux enfants, se sentant trop triste depuis que sa fille ne venait plus la voir.
Aurélie prit un jeu de cartes neuf et monta au grenier. Derrière un rideau, elle trouva un grand miroir ancien, fait de bois noir décoré de fées, de lutins et de dragons. Elle tourna les 7 chevrons qui actionnaient le mécanisme d’ouverture du miroir. Une fois passée au travers, la jeune fille se retrouva dans la salle du trône de la reine Sombre, derrière laquelle se trouvait un miroir identique à celui qui était dans le grenier de la demeure familiale.
Aurélie fut surprise, car, au lieu de se retrouver dans le château des cauchemars, elle se trouvait dans un champ de ruines !
Chaque voyageur peut arriver à n’importe quelle époque du pays des contes de fées, et ce, à chaque voyage. La seule chose qui est impossible, c’est de revenir en arrière dans le temps. Le miroir permettait de synchroniser les deux mondes et donc, pour les voyageurs, de ne pas sauter plusieurs années entre chaque visite.
La jeune fille restait surprise : elle ne comprenait pas ce qui était arrivé au château, et elle s’inquiétait pour la reine.  De plus, la voyageuse avait répété, pendant un mois, un tour de magie qu’elle voulait montrer à la reine.
Aurélie se décida à quitter le château et à prendre la route de briques jaunes dans la direction du palais des fins heureuses. Elle espérait que le vieux mage, ou l’archiviste, pourrait lui dire ce qui était arrivé à son amie.
Elle savait qu’elle devait passer par des endroits dangereux. Celui qu’elle redoutait le plus était l’allée des gargouilles : ces monstres de pierre dormaient sur de sombres colonnes de pierre noire et détestaient être réveillés par le bruit. Ensuite la jeune fille devait traverser la forêt des hommes garous. C’étaient des loups sauvages et cruels, qui avaient toujours faim. Aurélie fut rassurée de voir que c’était la pleine lune. Ce jour-là, comme pour leurs homologues loups garous du comté du jour, ils subissaient une terrible malédiction. Ils étaient alors changés en humains, donc des proies faibles et faciles pour les sorcières, les vampires ou encore le chasseur de la reine.
Aurélie passait justement à côté de la forêt, quand un adolescent, un peu plus vieux qu’elle, la dépassa.
–    Désolé, gente demoiselle, mais je dois me presser. Le chasseur rôde et des jeunes imprudents sont sortis de leurs tanières cette nuit. De plus, on murmure dans les bois qu’une créature volante et immense aurait détruit le château de notre reine.
–    Oui, j’en viens ! Le château a subi une lourde attaque. Et vous êtes ?
–    Je suis Louki, le chef du clan de Galthédoc. Je suis le mage de la forêt, car je suis le septième fils du septième fils. Je dois filer ! mais si vous allez au palais, nous nous reverrons. Faites attention, les épouvanteurs sont sur le pied de guerre, leurs champs ont brûlés cette nuit.
–    A plus tard ! Et bonne chance…
–    Sans la reine, il va nous en falloir ! Je n’ai pas connu l’arrivée de Sombre au pouvoir, mais les anciens disent, qu’avant elle, le chaos régnait ici. »

Le jeune garçon s’enfuit dans les fourrés. Il avait les cheveux longs et ne portait, pour seul vêtement, qu’un pantalon de toile rapiécé et une peau de lapin lui couvrait les épaules.
Aurélie repensa à ce que le jeune loup venait de dire. Avant Sombre, personne ne dirigeait le comté de la nuit. Trois forces luttaient pour le pouvoir : La mère des sorcières, le comte vampire et le chef des meutes de la forêt sombre. Les épouvanteurs, créatures terrifiantes des champs de maïs, suivaient les sorcières.
Les gargouilles, les trolls et l’ogre combattaient pour le plus offrant. La reine avait calmé les ardeurs belliqueuses de tout le monde.
La jeune fille n’était pas rassurée, car juste avant le pont du troll, qui séparait les deux comtés, se trouvait la dernière région de la partie nocturne du pays des fées : les champs de maïs des épouvanteurs. Aurélie vit que le jeune loup n’avait pas menti : les champs étaient ravagés.
Alors qu’elle arrivait presque au pont du troll, elle sentit quelqu’un l’attraper et on lui mit un sac sur la tête. Elle essaya de se débattre, mais comprit rapidement que c’était inutile. Quand elle recouvrit la vue, elle se trouvait dans une cabane de jardin, entourée par une dizaine d’épouvantails de tous âges. Au vu de leurs têtes de citrouille et des bouches en triangle, elle comprit qu’elle avait à faire à une troupe d’épouvanteurs.
Celui qui semblait être le plus vieux prit la parole.

« Pourquoi avoir détruit nos champs, jeune fille ?
–    Je n’ai rien fait, j’étais venu voir Sombre.
–    Tu es bien Aurélie ?
–    Oui !
–    Alors pourquoi ta créature a écrit ton nom dans les champs ?
–    Je ne sais pas qui est cette créature ! Mais je dois le découvrir pour retrouver Sombre !
–    Cette créature a aussi attaqué notre reine, tu seras remise au maître des épis !
–    Je suis innocente ! Mais je suis aussi une terrible magicienne, et je peux vous le prouver. Si vous me libérez, alors je vous aiderai à retrouver cette créature et votre reine.
–    Soit ! Tu n’auras qu’une seule chance ! Montre-nous tes prodiges… »

Aurélie montra alors son tour de magie. Non seulement elle retrouva facilement la carte du chef, mais en plus, alors que le jeu semblait normal au départ, il présentait maintenant uniquement la carte choisie, sur toutes les faces. La jeune magicienne, fière de son effet, choisit d’enfoncer le clou et fit apparaitre de nouveau un jeu de cartes, avec 52 faces différentes. L’audience en fut ébahie. La jeune fille ne put s’empêcher un petit sourire de satisfaction.

« Bien, nous allons te faire confiance ! Mais tu seras accompagnée de Bahewin, notre plus jeune membre. »

L’enfant se leva. Il était habillé d’une salopette de travail et d’une chemise à carreaux bleue dont il avait relevé les manches. Il était pieds nus, alors que plusieurs de ses confrères portaient des bottes de caoutchouc.
L’enfant parut sympathique à Aurélie, mais elle avait peur de sa tête. Alors qu’ils allaient revenir sur la route de briques jaunes, un groupe d’enfants, vêtus de guenilles apparut devant eux. Ils grognaient vers Bahewin, et le forcèrent à quitter la jeune fille.
« Laissez-le ! Il est avec moi.
–    Couchés, les louveteaux ! déclara une voix à l’arrière. »
Aurélie reconnut Louki.
« Nous pensions qu’ils t’avaient enlevée.  Avec les jeunes que j’ai retrouvés, nous venions à ta rescousse.
–    Ce n’est pas la peine. Mais nous aurons sans doute besoin de toi et des autres, nous devons retrouver la créature et la reine Sombre.
–    Nous ne pouvons pas sentir l’odeur de la créature volante, malheureusement !
–    Mais, pouvez-vous sentir une odeur de brûlé et la reconnaitre ?
–    Cela semble possible ! Attend ! »
Louki psalmodia et pinça l’air de ses doigts, comme s’il pinçait les cordes d’une harpe. Au bout d’un moment, les jeunes loups tremblèrent et éternuèrent.
« Voilà ! J’ai augmenté leur odorat. Les jeunes, si vous voulez que la meute oublie que vous avez mal agi, il va falloir nous aider à chercher les odeurs de feu.
–    Je sens les champs et le pop corn, dit une petite fille.
–    Ce sont les champs des épouvanteurs, pas loin.  Qui d’autre sent ?
–    Moi ! je sens du bois et de la pierre.
–    Le château de la reine … nous perdons notre temps ! pesta Aurélie.
–    Je sens une odeur de brûlé, de la tourbe et une odeur putride …
–    Le marais des sorcières ! répondit Bahewin.  Allons-y …
–    Prudence ! Ni les loups ni les épouvanteurs ne sont les bienvenus sur le territoire de ces dames. »

La petite troupe se dirigea vers les marais.
En chemin et à l’arrivée, ils virent des bandes de terres brûlées par endroit. De grandes bandes de terres noires. Aurélie remarqua qu’elles semblaient former des lignes ordonnées volontairement.
« Il me faudrait pouvoir voir tout cela de là-haut …
–    Je suis désolé, le vieux mage ne m’a pas enseigné de sortilège de vol !
–    Tu connais le vieux mage ?
–    Oui ! Je suis le protecteur des meutes contre les sorcières et les vampires. Je ne peux utiliser de sortilèges que pour nous défendre pendant la pleine lune.
–    Je peux te faire voler, moi, déclara une voix sépulcrale derrière eux »
Tout le monde se retourna brusquement, pour voir une fillette sortir de l’eau putride.
Elle était habillée pauvrement, avec une robe pleine de trous.
L’un des jeunes loups se jeta sur elle, faisant chuter Bahewin au passage.
« Sus à la sorcière !»
La fillette disparut et le jeune garçon tomba dans l’eau poisseuse.
« Tu veux voler ? Je peux t’aider ! Mais mets une laisse à tes toutous. »
La jeune sorcière se trouvait à présent derrière Aurélie.
« La meute, ne bougez pas !  Mais restez sur vos gardes ! ordonna Louki »

« Comment t’appelles-tu ?
–    Je suis Kitty, la petite fille de mère sorcière.  Et toi ?
–    Je suis Aurélie.
–    C’est donc toi ! Il faut que je te montre quelque chose. Mais attention que les autres sorcières ne te trouvent pas ! »
La jeune sorcière mit sa main droite vers le sol, et un balai apparu. Elle l’enfourcha, et fit signe à Aurélie de monter devant elle. La jeune fille n’était pas rassurée, surtout que le balai semblait très vieux ! Son cœur faillit lâcher quand le balai les emporta à quelques centimètres du sol.
« Ne tremble pas et tiens toi bien »
Aurélie se cramponna fort sur le balai, à se faire blanchir les jointures. Le balai prit son envol.
La jeune voyageuse put voir le marais, avec les cabanes des sorcières et les trainées de feu, qui formaient un mot : « Aurélie ».
« Je ne sais pas qui est cette créature, mais elle doit vouloir communiquer avec toi ! déclara la sorcière.
-Je pense savoir qui c’est, répondit la jeune fille. Il faudrait trouver sa prochaine cible …
– Ce sera soit la lande des vampires, soit la forêt.
– Je penche pour la lande. Il faudrait trouver un endroit, en hauteur, pour qu’elle nous remarque.
– Pourquoi pas la forêt ?
– Cela ferait comme pour les champs : tout brûlerait, et son message ne serait plus lisible !
– C’est pas faux, on redescend »
Une fois la petite troupe avertie, Louki les conduisit au manoir le plus proche. Il s’y était déjà rendu pour sauver de jeunes loups capturés par le saigneur du coin. Il avait sympathisé avec Stanislas, le fils de ce dernier.
Quand la troupe arriva, le jeune vampire vint à leur rencontre :
–    Louki, j’ai tenu ma promesse : aucun des tiens n’est dans ce château. Pourquoi viens-tu avec une sorcière et un épouvanteur ? L’humaine est-elle un cadeau ?
–    Non, c’est une grande magicienne ! répliqua Bahewin.
–    Tout doux, palot ! Je ne sais pas ce qu’elle vous à fait croire, mais je ne sens aucune magie en elle.
–    Je suis une cartomage. Ma magie est discrète, mais si tu nous aide, je te montrerai …
–    Qu’ai-je à y gagner ?
–    Une créature met le feu au comté de la nuit. Je pense pouvoir y mettre un terme.  Aide nous et tu protégeras la lande.
–    Soit, que vous faut-il ?
–    Un drapeau blanc.  Et nous devons nous rendre sur la plus grande tour, pour que la créature nous voie. »

Tout fut en place à temps. La créature, qui se trouvait être un dragon rose et violet aux cheveux blonds, arriva au moment où tout fut en place.
« Kitty ! Peux-tu voler à côté d’elle, et lui dire que je la retrouve dans la lande, devant le château ?
–    Tu veux que je me fasse dévorer ?
–    Dis lui qu’Éloïse me manque aussi, elle comprendra. »

La sorcière prit son balai et partit dans les cieux. Tout le monde regardait le ciel. Enfin, presque tout le monde : Stanislas, lui, regardait la gorge d’Aurélie avec envie. Mais un grognement de Loukhi , qui avait remarqué le manège du vampire, redirigea son regard vers les cieux. Le dragon se posa devant le château, poussant une plainte énorme.

Aurélie et la petite troupe vinrent à sa rencontre.

« Loukhi, as-tu un sort pour parler aux créatures de la forêt ?
–    Pas besoin. Les loups comprennent tous les langages, bien que mon dragon soit un peu rouillé.
–    Demande-lui son prénom.
–    C’est Rebecca.
–    Je m’en doutais ! Comment s’est elle retrouvé ainsi ?
–    Elle voulait te préparer un cadeau, et venait chercher l’aide de Sombre. Un homme a porté des gâteaux, elle en a mangé un, et Sombre un autre. Puis elle a eu mal au ventre, et s’est retrouvée en dragon. Sombre semblait touché aussi, mais elle ne sait pas en quoi la reine a été transformée.
–    Il faut aller prévenir l’archiviste, il retransformera Rebecca et sauvera la reine.
–    A part Loukhi, personne ne peut passer le pont du Troll. Il va falloir que tu t’y rendes seule ! déclara un louveteau.
–    Bien, allez au château de Sombre, nous nous retrouverons là-bas, répondit Aurélie.

Rebecca pencha son cou et sa sœur put monter dessus. Elle fut encore moins rassurée qu’avec le balai. Elle espérait que sa sœur ne voudrait pas faire de tonneau dans les airs, pour lui montrer la liberté de voler. Leur arrivée au château fut remarquée : elles furent accueillies par le vieux mage et une troupe de soldats en armure, prêts à combattre.

Aurélie descendit de sa sœur et déclara :
« Nous venons en paix. C’est Rebecca : elle a été transformée en dragon par un mauvais sort. Il faut que je prévienne l’archiviste, Sombre a été envoutée aussi.
–    Justin ! conduis cette demoiselle à la bibliothèque en urgence. Moi, je m’occupe du dragon ».
Aurélie salua, d’une bise sur la joue, le vieux mage et suivit le jeune chevalier dans le dédale du palais. Une fois dans la bibliothèque, elle vit un vieil homme qui classait des livres de contes.
« Bonjour, monseigneur gardien.
–    Bonjour, Aurélie, et Joyeux anniversaire !
–    Merci !
–    Que me vaut ta visite ?
–    Quelqu’un a jeté un sortilège à Sombre et à ma sœur. Le vieux mage est en train de sauver Rebecca, qui a été changée en dragon. Mais nous n’avons aucune nouvelle de la reine.
–    Je vois, nous allons nous rendre à son château. Tu me raconteras ton aventure en chemin. »
Quand Aurélie sortit dans la cour, elle eut la surprise de voir que Rebecca avait repris forme humaine. Les deux sœurs reprirent la route de briques jaunes dans l’autre sens. Une fois au château, Aurélie retrouva ses nouveaux amis.
« Avez-vous retrouvez la reine ?
–    Non ! Il n’y a aucune trace, juste des empreintes de bottes à talons, et des empreintes de pieds d’enfant dans le jardin.
–    Des bottes de femme ? Rebecca, c’est bien un homme qui vous a offert les gâteaux ?
–    Je crois il avait une perruque, une grande cape et une grosse bosse dans le dos.
–    Comment a-t-il appelé la reine ? Demanda l’archiviste d’une voix chevrotante.
–    Il l’a appelée par le nom qu’il ne faut dire à personne, et il m’a appelé Rebecca.
–    Ce n’était pas des bosses mais des ailes. Ce n’était pas un homme, mais une fée ! Et j’ai peur de savoir qui elle est. Il nous faut rapidement trouver la reine.
–    Bahewin ? pourquoi Stanislas t’a appelé « palot » tout à l’heure ? demanda Aurélie.
–    Car c’est comme cela que les autres races du comté de la nuit nous appellent, pour se moquer de nous.
–    Je ne comprends pas : tu n’es pas si pâle que ça ».

Bahewin souffla, prit une seconde, puis retira la citrouille de sa tête.
Aurélie et Rebecca en eurent le souffle coupé : elles virent le véritable visage du jeune garçon. Entouré de cheveux noirs coupés très courts, il était très pâle et parsemé de taches bleues. Il avait également d’innombrables cicatrices. Ses yeux avaient la couleur de la lavande.
« Voici le vrai visage d’un épouvanteur. Je peux encore l’enlever car je suis jeune, mais une fois adulte, la citrouille s’est complètement fondue avec notre peau.
–    C’est horrible !
–    C’est surtout interdit ! déclara Kitty. Je le dirais à la mère des sorcières, et tu seras puni.
–    Je sais, mais je voulais qu’elle le sache.
–    Kitty ? tu pourrais ne pas le dire ?
–    Je pourrais ! mais Mère sorcière lit dans nos esprits, et nous serions punis tous les deux. »
Aurélie ne savait plus quoi dire, et regrettait sa question.
L’un des louveteaux commença à sentir la poche de salopette de Bahewin .
« Tu as un gâteau dans ta poche ? demande Loukhi.
–    Non, c’est une souris !  je l’ai trouvée ce matin, par ici, alors que je taillais les branches.
–    Tu es jardinier au château ? demanda Kitty.
–    Oui.
–    Et le château avait déjà été rasé ?  demanda Aurélie.
–    Oui, j’ai dû soulever plein de pierres, pour pouvoir prendre mes ciseaux.
–    Peux-tu me montrer ta souris ? demanda l’archiviste.
–    Oui, monseigneur ».
Bahewin sortit l’animal de sa poche, et le tendit avec attention au vieil homme.
Le vieil homme psalmodia, et après un nuage de fumée, la reine apparut.
« Enfin ! J’en avais marre ! Hurla Sombre.
–    Pardon, votre majesté ! implora le jeune épouvanteur. Je ne savais pas que c’était vous.
–    Inutile de t’excuser, tu m’as sauvée des griffes de ce damné chat invisible, et tu as toujours fait attention à moi. Je te pardonne comme toute autre bêtise que tu aurais pu faire pendant cette aventure. Je me suis fait comprendre, Kitty ?
–    Oui, votre majesté ! répondit la jeune sorcière, après une révérence.
–    Bahewin , je vais exaucer un de tes vœux ! Que veux-tu ?
–    Des bottes en caoutchouc, majesté.
–    C’est tout ce que tu veux ?
–    Oui, votre majesté. J’aime faire vos jardins, mais cela fait parfois mal aux pieds, avec les ronces.
–    Soit ! si tel est ton vœu, je te l’accorde.
–    Pourquoi ne pas lui avoir demandé de lever ta malédiction, et de retrouver ton visage ? demanda Aurélie.
–    J’aime mon travail, et j’aime ma famille ! Je ne veux pas les quitter, ni leur sembler différent. Mon apparence m’importe peu, seul mon cœur compte.
–    C’est vrai !
–    Gardien ? savez-vous à qui je dois ma transformation ? Si vous m’avez sauvée et si vous êtes venu dans mon comté, c’est que le cas est grave.
–    Oui, votre majesté. Quelqu’un a réveillé C. la plus terrible des fées …
–    Miséricorde ! Il faudra s’occuper de ça ! Mais en attendant, tous au château, ou ce qu’il en reste. Nous avons un anniversaire à fêter.
La fête fut mémorable, car ce devait être la première fois qu’autant de peuples du comté de la nuit se trouvaient à la même table, dans la joie et le bonheur.
La suite est une autre histoire, et les trois sœurs auront besoin de toutes leurs forces pour vaincre la terrible fée.

Fin ?

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