La vengeance de la sorcière

Dans le sud de la France vivaient trois jeunes garçons. Gabriel l’ainé, Galahad le cadet, et Jalal le plus jeune. Ils adoraient vivre à la campagne, et ils adoraient faire des acrobaties et vivre comme des baladins. Ce qu’ils aimaient par-dessus tout, c’était les contes de fées.
Un jour, alors qu’il visitait la ville de Pontivy en Bretagne, Galahad aperçut une femme étrange habillée de noir avec deux bosses dans le dos. La vieille dame marchait avec une canne mais ne semblait pas en avoir besoin.
« Gabriel, tu as vu ? on dirait une sorcière !
– Galahad, tais-toi ! ce n’est pas bien, elle pourrait nous entendre.
– Où ça la sorcière ?, demanda Jalal, de toute son innocence. »
Alors la vieille dame se retourna et regarda les garçons.
Galahad fut gêné, Jalal sursauta et Gabriel, protecteur, prit ses frères par la main et les emmena plus loin. Alors qu’ils rentraient chez eux, Galahad trouva une pièce noire sur le trottoir et la ramassa. Sur le dessus, il y avait marqué « Royaume des fées » avec un château magnifique. Sur l’autre côté, se trouvait une fée avec des ailes de chauve-souris. En dessous, étaient gravés le chiffre 5 et le nom de « C. ».
« Ça devait être à la sorcière, déclara Galahad.
– Tu devrais la laisser là, justement, enchaîna Gabriel.
-Non ! elle est cool, je vais la garder.
– Et tu risques d’avoir des ennuis. Je t’aurai prévenu, reprit Gabriel. »
Le soir, Galahad mit la pièce sous son oreiller et s’endormit en pensant aux contes de fées. Le lendemain matin, Galahad avait disparu ! Gabriel et Jalal ne savaient plus quoi faire. Il fallait prévenir Aurélie et Alexandre, leurs parents. À peine les parents prévenus, on frappa à la porte.
« Ce doit être Galahad. Vous allez voir, il va être content de sa blague ! »
Ce n’était point son fils mais une ravissante jeune fille avec des oreilles de chat.
« Ce n’était pas des bosses mais c’était ses ailes !
– Pardon ? Vos fils vous ont dit avoir vu une sorcière avec deux bosses… c’était ses ailes !
– Et vous êtes ? demanda la maman, surprise.
–  Je suis Line, apprentie Fée, et ce n’est pas une sorcière mais une fée ! C. est une fée sombre qui a trahi son serment.
– Je vais prévenir la police.
– Elle est prévenue, sinon pourquoi serais-je là ? Je fais partie de la police des fées, la seule qui peut agir. Je vais vous emmener dans mon royaume, et là, nous irons jusqu’au château des cauchemars pour aller récupérer votre fils.
– Vous êtes une fée mais vous n’avez pas d’ailes ? demanda Jalal.
– Je suis une apprentie fée, si je réussis et que je prononce mon serment alors j’aurai mes ailes.
– Je pars avec vous, mes enfants resteront avec leur père, déclara Aurélie.
– Non il faut qu’ils soient là ! Ce sont des créateurs, les enfants ont beaucoup de magie en eux et ils pourront nous être utiles. »
La fée claqua des doigts et les trois aventuriers se retrouvèrent dans la cour d’un château où une délégation les attendait.
« Je vous présente sa majesté la fée conteuse, le gardien des histoires féeriques, déclara Line
– Je suis dans le château pour de vrai ? demanda Jalal qui y croyait à peine.
– Oui, tu te trouves dans le palais des fins heureuses, répondit la souveraine.
– Enchanté, votre majesté. Tu peux m’appeler Léloi, c’est mon prénom. Voici Néante, la fée du sommeil ; Licité, la fée de la méditation, et vous connaissez déjà Line, l’apprentie fée des chats. Vous êtes des créateurs, alors imaginez le pouvoir d’un héros que vous voulez, et il sera vôtre.
– Je veux les pouvoirs de Spiderman ! déclara Jalal, pouvoir grimper aux murs et lancer des toiles d’araignées. – Je serai Cyclope, dit Gabriel, j’ai toujours rêvé de lancer un rayon laser avec les yeux.
– Je voudrais les pouvoirs de Tornade, déclara la mère Je devine pourquoi, c’est noté. Je vous laisse partir pour le château des cauchemars, conclut Léloi. »
Le début du voyage fut plaisant, le comté du jour étant magnifique. La petite troupe suivait la route de briques jaunes qui reliait les deux places fortes. Ils virent le village des marionnettes tenu par un petit garçon devenu sage. Ils virent aussi le lac des sirènes et l’île des enfants trouvés. Dans la forêt des animaux qui parlent, Gabriel les trouva tous sympathiques, sauf le blaireau. Les aventuriers arrivèrent au pont de pierre qui séparait les deux comtés. Jalal fut effrayé par la tête du pont, en forme de troll. Il frissonna pour la première fois depuis qu’il était arrivé dans le royaume magique. Au loin, on voyait la pluie et la nuit. La petite équipe avança et malgré le parapluie magique offert par Lebothan, la fée météo, le benjamin trouva qu’il faisait de plus en plus froid. Soudain un éclair frappa l’un des arbres qui bordaient la route. Ce dernier en tombant leur barra le chemin.
Gabriel enleva ses lunettes de soleil et après un premier essai qui roussit le bout de la queue de Line, l’aîné réussit à leur frayer un passage. La visite du comté de la nuit plut beaucoup moins à Jalal. Il regardait les panneaux indicateurs avec appréhension :
– Plaine des sorcières
– Champ d’épouvantails
– Manoir de l’ogre
– Forêt des vampires
Les aventuriers arrivèrent au château des cauchemars mais le pont-levis était fermé.
Ce fut autour de Jalal d’utiliser ses pouvoirs. Il sauta le fossé, aidé d’un filin, puis grimpa au mur jusqu’à la salle des gardes où il neutralisa les soldats en faction. Il permit ainsi à la troupe d’entrer.  Gabriel, une main sur ses lunettes, était prêt à lancer un rayon laser sur celui qui aurait voulu leur barrer la route. Ils se dirigèrent vers les cachots et les trois ennemis furent rapidement maîtrisés. Point de Galahad dans les cachots, seul un homme habillé comme au temps des celtes se trouvait là.
 » – Avez-vous vu un jeune garçon ? demanda Aurélie avec appréhension
– Oui le jeune Galahad, la fée sombre l’a emmené dans la salle du trône. Il faut l’y rejoindre rapidement ou je ne donne pas cher de son postérieur. »
La petite troupe, conduite par l’homme, trouva rapidement la direction de la salle royale. Sur le chemin, le conteur expliqua qu’il s’était perdu en forêt et qu’il avait atterri dans ce royaume. Il avait ensuite été emprisonné par la fée qui tenait son pouvoir de son sceptre. Il leur expliqua une règle importante de l’univers. On pouvait lancer un défi à la fée mais il fallait être sûr de soi car en cas d’échec, les conséquences seraient sans appel.
Gabriel pénétra dans la salle du trône armé de son plus beau sourire et se présenta devant la reine.
 » Que fais-tu là, jeune humain ? Tu oses sourire devant moi. Tu perdras cette vilaine habitude, crois-moi.
– Je suis venu vous lancer un défi.
– Un défi ? intéressant !
– Je veux que vous me rendiez mon petit frère.
-Le sale gamin ? Je l’ai mis en cage, ça lui apprendra. Si tu réussis à me faire rire, je le libère mais si tu échoues, je te présenterai mon chat et ses neuf queues et tu rejoindras ton frère dans sa cage.
– Je suis sûr que je peux vous faire rire.
​- Je n’ai pas ri en cinq cent ans ! Mais essaye toujours.
– Quel est la couleur des petits pois ?
– Vert ! répondit la fée avec impatience.
– Non, rouge ! car chacun sait que les petits poissons rouges.  »
La reine sourit d’un tout petit sourire qui dégela son cœur de pierre.
 » Bien joué, je le reconnais.
– Maintenant, libérez mon frère ! Soit ! je vais le libérer. Mais jamais vous ne sortirez du château. Je ne suis pas une fée sombre pour rien. Tu aurais dû mieux négocier ton défi, jeune humain. »
La sinistre fée agita son sceptre et le pauvre Galahad retrouva son frère. Ils furent rejoints rapidement par le reste de l’équipe et Aurélie enlaça son fils pendant que le conteur félicitait Gabriel de son exploit. Aurélie se tourna rapidement vers la fée et se servit du pouvoir de Tornade pour faire s’envoler le sceptre. La fée n’ayant plus de pouvoir, le conteur réussit à l’enfermer dans un cercueil de verre.
La petite troupe repartit alors pour le palais des fins heureuses. Au palais, la reine des fées les félicita et le conteur décida de rester dans ce pays magique, maintenant que la fée sombre avait disparu. Elle fut enterrée profondément dans une crypte avec son sceptre, afin qu’aucun ne puisse jamais le retrouver.
Léloi accueillit les créateurs.
« Je suis contente que vous ayez retrouvé votre fils et que vous nous ayez débarrassés de la fée C. » La paix sera durable entre les deux parties du royaume.
« Majesté, quand pourrons-nous rentrer chez nous ?, demanda Aurélie. J’ai bien peur que vous ne puissiez jamais partir d’ici. C. , avant de mourir, a lancé un sortilège qui vous oblige à rester ici.
– J’ai la solution, déclara Galahad.
– Je t’écoute, mon jeune ami. Si je vous lance un défi, vous devrez exécuter mon souhait.
– Les lois de l’équilibre sont ainsi faites.
– Donc si je réussis, vous pourrez rompre le sortilège de la méchante fée ?
– Oui, c’est l’unique solution qui me donnera assez de pouvoir.
– Alors je vous lance mon défi !
– Très bien ! mais si vous perdez, vous serez transformés en lutins, vous resterez à jamais dans notre monde.
– Galahad, sois sûr de toi, je veux rentrer à la maison, dit Jalal.
– Oui, et moi je ne veux pas finir en Lutin ! déclara Gabriel.
– Pourquoi doit-on appeler votre assistante Aféhine ? demanda Galahad
– Je ne vois pas ! et c’est ridicule ! Répondit Léloi.
– Car elle n’a pas encore ses ailes.
– Je vois ! tu es un petit garçon très doué et plein de malice. Et tu remportes ce défi. Et comme Line a réussi à trouver qui vaincra C., je lui accorde ses ailes.
Line eut ses ailes et embrassa le jeune Galahad, qui rougit de plaisir. Ce fut alors le moment des adieux et le retour au monde réel. Le conteur choisit de rester. Il prit le prénom de Roi et devint le protecteur des histoires, jusqu’au jour où il décida de laisser sa place et de devenir le vieux mage du château, puis le bibliothécaire, gardien ultime des histoires d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Fin

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*